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2 salariés sur 3 travaillent en horaires atypiques! (INRS)

Logo INRS, magazine Travail et SécuritéLa revue de l’INRS, Travail et Sécurité, du mois de mai 2011 consacre un dossier entier aux horaires atypiques et ses conséquences sur le sommeil et la santé. Dans ce contexte, les effets de la sieste prennent à l’évidence toute leur dimension. « Plusieurs essais d’organisation de siestes de courte durée semblent influer de façon positive sur la vigilance des travailleurs soumis à de fortes contraintes horaires. Leur efficacité dépend toutefois de la faisabilité dans l’entreprise et requiert une adhésion franche à tous les niveaux. » précise le journaliste.

Anne Bonnefond, chercheuse et spécialiste en psychologie cognitive témoigne sur des retours d’expériences en entreprise: « Les bénéfices de la sieste sur l’état de vigilance ont été ressentis pendant le poste mais également avant et après, les salariés témoignant de moins d’appréhension à attaquer la nuit en sachant qu’un temps de décompression était Travailleur posté, horaires atypiquesprévu et se sentant également mieux au moment de reprendre la route pour rentrer chez eux. Nous n’avons pas noté de répercussions immédiates et à long terme sur le sommeil principal. La sieste n’a pas pour incidence de changer les habitudes de sommeil, même si certains se couchent un peu plus tard le matin, en profitant par exemple pour prendre le petit déjeuner avec leur famille. »

 

Le Dr Marc Delanoë, médecin-chef du service santé au travail de la MSA Midi-Pyrénées Nord ajoute: « Si la pratique de la sieste n’est pas ancrée dans la culture française, elle constitue pourtant une stratégie qui pourrait clairement améliorer la vie des travailleurs postés ».

Contacté tout récemment par le responsable HSE d’une entreprise qui fonctionne en 3×8 pour l’aider à faire passer le message des bienfaits de la sieste (et à aménager un espace de sieste), j’avoue être très surpris par le manque de prise en compte, encore aujourd’hui dans ce type d’activité, du sommeil des salariés. J’encourage bien sûr les dirigeants, CHSCT, DRH etc… à se pencher sur cette question qui risque de peser de plus en plus dans les années qui viennent. Et n’oublions pas que si les travailleurs postés sont les plus concernés par la fatigue au travail (ou baisse de vigilance), la sieste peut aussi être extrêmement bénéfiques pour des salariés qui travaillent en horaires normales.

Je vous invite donc à vous procurer la revue Travail & Sécurité du mois de mai 2011, présentant les méthodes très pointues d’Air France concernant la gestion de la fatigue du personnel au sol ou du personnel navigant.

Souhaitons enfin que la revue aborde prochainement la fatigue au travail des salariés en horaires normales.

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