12
04

Thierry Paquot

Classé Profil

Thierry Paquot - l'art de la siestePhilosophe de l’urbain, professeur des universités et éditeur de la revue Urbanisme. Ses thèmes de prédilection sont le temps et l’espace, les représentations de la ville et les utopies. Il est l’auteur de « L’Art de la sieste » paru en 2008.

 

C’est dans l’interview donnée à mode-sieste.com qu’il parle de ses motivations à la rédaction d’un ouvrage sur la sieste: « J’avais fait un article sur le coût économique de la sieste dans les pays du tiers monde, parce qu’on a toujours ce lieu commun scandaleux qui est de dire: les pays pauvres sont pauvres parce qu’ils foutent rien, il fait chaud, ils dorment tous,… ils sont joyeux mais ils ne sont pas productifs. Cela m’avait semblé être une banalité donc j’ai décidé d’aller voir si c’était vrai ou non. Je me suis apperçu tout d’abord qu’il n’existait pas de données économiques pour mesurer le temps de la sieste et son coût productif ou improductif, et d’autre part je me suis apperçu que les anthropologues, les géographes, enfin que personne n’avait vraiment étudié cette question. Donc d’un article qui ne devait pas avoir de suite, j’ai été intrigué et j’ai commencé de manière assez systématique à relever tout ce que je trouvais autour de la sieste notamment dans la peinture et la littérature. Les poètes, les romanciers n’ont pas honte de mentionner la sieste! » 

 

Fervent pratiquant et défenseur de la sieste, Thierry Paquot aborde la sieste sous ses différents aspects: la sieste dans la peinture, dans la littérature, son rapport au temps, la sieste au travail etc…

 

Extrait n°1 de l’Art de la sieste :

« La sieste, contrairement à une idée reçue, n’intervient pas seulement après le déjeuner pendant la période estivale, elle se manifeste à nous, chaque jour de l’année, pour nous inviter à une halte, brève et dense, qui remet nos compteurs à zéro. Et nous voilà détendus, prêt à redémarrer, disponible. Je m’étonnais alors qu’un patron malin n’ait pas compris que la sieste redonnait du punch aux travailleurs, et libertaire, je n’ébruitais pas d’avantage ce moyen d’augmenter l’efficacité de l’employé et la productivité de l’entreprise ! »

 

Extrait n°2 de l’Art de la sieste :

« Je me souviens de siestes sucrées, musicales, parfumées, illimitées, joyeuses, mais aussi de siestes amères, silencieuses, fades, étroites, fermées ou encore agitées, chahutées, capricieuses, couleur chair, couleur bois, couleur pierre, couleur mer, de siestes élémentaires, primaires, primitives, et puis des siestes civilisées, policées, et d’autres dévergondées, débraillées, ou suspendues, azurées, insolites, monacales, extatiques, bref des siestes bigarrées et parfois opposées dans leurs effets comme dans leurs causes. La vérité de la sieste nous échappe toujours… »

Bookmark and Share